Hygiéniste dentaire au Québec, Nathalie Roussy présente une profession inconnue en France. Alors que les pouvoirs publics français ont choisi de confier le travail de prévention auxassistantes dentaires, la légalisation de la profession d'hygiéniste permettrait de régler le problème depénurie de dentistesqui menace de dégrader l'offre de soins dès 2010. En effet, contrairement à l'assistante dentaire qui n'est pas autorisée à travailler en
bouche, l'hygiéniste pourrait décharger le dentiste des soins les plus courants et prendre en charge la prévention bucco-dentaire: enseignement du brossage, de l'emploi dufil dentaire, éléments essentiels de prévention bucco-dentaire auxquels le dentiste n'a que peu ou pas de temps à consacrer. Hygiéniste dentaire : une profession qui
gagnerait à être connue et reconnue en France.
Au Québec, la jeune profession d’hygiéniste dentaire est de plus en plus connue du
public.
Profession encadrée
Principalement exercée par des femmes, un hygiéniste dentaire au Québec est un membre de l'Ordre des hygiénistes dentaires du Québec (OHDQ), qui a pour mission de protéger le public. Pour
être membre de l’OHDQ, une cotisation doit être payée annuellement et le candidat doit être titulaire d’un diplôme collégial en technique d’hygiène dentaire, validé parun établissement reconnu. Il faut compter trois années
d’études* pour obtenir un diplôme en technique d’hygiène dentaire.
Étendue des compétences La prévention est au cœur de la formation et des
priorités des hygiénistes dentaires. Au Québec, les actes suivants leur ont été délégués par les dentistes : prise de radiographies intra-orales, détartage des dents et des racines, polissage des
dents, application topique de fluorure, pose des scellants ou obturations préventives des puits et fissures dentaires, pose d’obturations dentaires, dépistage des maladies bucco-dentaires,
dispense de conseils d’hygiène et de nutrition, information aux patients sur les causes des affections bucco-dentaires ainsi que la présentation de plan de traitement aux
patients.
Mode d'exercice
L’hygiéniste dentaire est un professionnel compétent et d’une relative indépendance au sein de l’équipe dentaire.
La grande majorité exerce en bureau dentaire sous la supervision d’un dentiste, habituellement sans assistant, mais il peut exercer aussi sa profession dans les écoles primaires, les hôpitaux et
les écoles d’hygiénistes dentaires.
Nathalie Roussy, h.d.
Retrouvez plus de détails sur les compétences et la formation des hygiénistes dentaires au Québec sur le site de Nathalie Roussy:santé
dentaire holistique. En Suisse où cette profession est reconnue, les hygiénistes dentaires collaborent avec le médecin-dentiste dans de nombreux cabinets dentaires.
* Erratum : nous avons écrit par erreur que la formation d'une assistante dentaire en France ne dure qu'un an et n'est pas orientée sur la prévention. Nous
nous sommes trompés: la formation d'une assistante dentaire se passe, non en un an, mais sur une période pouvant aller de 18 à 24 mois. Cette formation inclut un module de prévention. Toutes nos excuses aux assistantes dentaires
Reste qu'assistante dentaire et hygiéniste dentaire sont bien deux professions à la fois différentes et complémentaires et que, plutôt que de vouloir faire assumer aux assistantes
dentaires le travail de prévention comme c'est le projet duministère de la santé français, il serait plus judicieux de légaliser la
profession d'hygiéniste dentaire, profession vers laquelle les assistantes qui le souhaitent pourraient s'orienter à des conditions préférencielles.
Pour le moment, d'après la loi française, une assistante n'est pas autorisée à travailler en bouche, même en présence du dentiste. Ainsi, elle ne peut effectuer des actes tels que prise
d'empreinte, pose d'une contention ou de bagues d'orthodontie, détartrage, actes qui seraient considérés comme exercice illégal de l'art dentaire.
À savoir : en France, un collaborateur est un dentiste qui travaille avec le dentiste titulaire, possesseur du cabinet. Le collaborateur rétrocède une partie de ses
honorairesau dentiste titulaire pour le dédommager du matériel que ce dernier met à sa disposition.