Dernière modification le 15-07-2008
Alors qu'aux
États-Unis, fait sans précédent, la FDA (Food and Drug Administration) vient de reconnaître la toxicité potentielle de l'amalgame dentaire et envisage de réduire son utilisation, en
France, comme dans l'Union européenne, les autorités sanitaires continuent à nier le risque et refusent d'appliquer le principe de précaution à un produit dont le composé principal est le
mercure.
L'amalgame au Sénat
De trop rares politiques s'intéressent pourtant au problème. Ainsi le sénateur de la Moselle Jean-Louis Masson interpellait récemment Madame la ministre de la santé "sur le doute médical reconnu en Europe concernant la toxicité du mercure en tant que matériau d'obturation des caries dentaires" (question
écrite n° 04278 posée par M. Jean Louis MASSON, publiée dans le JO Sénat du 01/05/2008 - p. 862). Le sénateur fait remarquer que "les techniques de prophylaxie dentaire individualisée ne
sont pas appliquées dans les facultés dentaires en France comme elles le sont dans les pays scandinaves où les chirurgiens dentistes sont épaulés par des hygiénistes dentaires, profession
toujours pas reconnue en France". Sachant que "ces techniques de prévention pourraient faire baisser le nombre de caries, donc le nombre de plombages dentaires et ainsi améliorer la santé
publique", monsieur Masson demande à Madame la ministre de la santé ses intentions en la matière.
Réponse de la ministre de la santé
Publiée dans le JO Sénat du 03/07/2008 (page 1353), la réponse de Madame la ministre de la santé s'inscrit hélas dans le droit fil du discours habituel sur
l'innocuité de l'amalgame dentaire. "L'amalgame dentaire à base de mercure, qui est utilisé pour le traitement des caries depuis plus de 150 ans, est un matériau d'obturation de bonne qualité et
reste le matériau le mieux adapté dans de nombreux cas, en particulier pour la restauration des dents permanentes postérieures, en cas de prévalence carieuse élevée et de lésions multiples et
étendues, notamment chez l'enfant, l'adolescent et l'adulte jeune" répond Madame la ministre.
Elle omet de préciser que le mercure, substance la plus toxique et la plus polluante après les produits radioactifs, est le composant majoritaire de l'amalgame dentaire. Une étude canadienne
(citée dans le rapport du Sénat du 5 avril 2001) préconise de limiter le nombre d'obturations à trois plombages pour les adolescents et un pour les enfants, en contradiction notoire avec la
réponse de la ministre.
Toujours le même discours
Le reste de la réponse est à l'avenant, copié-collé du discours tenu par les instances dentaires officielles (voir l'analyse d'un article paru dans le Chirurgien Dentiste de France, sur le site des éditions Luigi Castelli) et plus récemment du comité scientifique européen chargé d'évaluer les risques émergents : "Les
doses de mercure libérées dans l'organisme par les amalgames dentaires sont infimes et, en tout état de cause, très en deçà des seuils auxquels des effets toxiques pourraient être observés.
Aucune étude scientifique n'a pu démontrer les effets néfastes des obturations en amalgame sur l'état de santé général des patients. On ne peut donc pas considérer, en l'état actuel des
connaissances, que les amalgames dentaires présentent un risque sérieux pour la santé de la population", conclut la ministre.
À propos des études scientifiques démontrant la toxicité de l'amalgame, rappelons qu'elles existent mais qu'elles ont été mises de côté par les experts du comité scientifique européen composé (est-ce un hasard?) pour moitié de dentistes.
Et Madame la ministre de terminer en rappelant que "les pays qui ont interdit ou restreint l'utilisation des amalgames dentaires, l'ont fait en se fondant sur des considérations environnementales
et non pas en raison d'une hypothétique toxicité des amalgames sur les personnes soignées".
Pour rappel, en Europe, seuls la Suède et le Danemark ont interdit l'amalgame dentaire. Les autres pays européens continuent de l'utiliser largement (125 tonnes posées par an). La Norvège qui
n'appartient pas à l'Union européenne l'a également interdit en début d'année, officiellement pour raisons écologiques. Le comité scientifique
chargé d'évaluer le risque, se basant sur les mêmes arguments que la ministre française de la santé a confirmé en début d'année l'innocuité de l'amalgame dentaire.
Morale de cette histoire
Outre l'immobilisme affligeant du ministère de la santé, cet échange sénatorial laisse tout de même poindre une note d'optimisme. Il montre que des personnalités politiques (au
moins une et il y en a sans doute d'autres) sont sensibilisées au problème de santé publique que pose l'amalgame dentaire et sont prêtes à s'investir dans ce combat. Manque sans doute en France
un lobby anti-amalgame assez puissant pour faire entendre sa voix comme ce fut récemment le cas aux États-Unis où les opposants au mercure sont parvenus à interpeller la puissante FDA (Food
and Drug Administration) qui envisage du coup de revoir ses règles et de restreindre l'usage de l'amalgame dentaire.
Note: les personnes qui souhaitent faire entendre leur voix ont l'occasion de le faire par une émission radio et télé en préparation.
Attention, la dépose des amalgames exige des précautions spécifiques et ne doit pas se faire chez les personnes fragiles (femme enceinte ou qui allaite). Pour plus de détails, voir la rubrique Plombage-dépose du Pratikadent (extrait en ligne
sur le site des éditions Luigi Castelli).
Sommaire des autres articles sur l'amalgame
dentaire et la dentisterie holistique
Réagir à cet article ou poser une question :
cliquez sur ajouter un commentaire, ci-dessous
par Estelle Vereeck
publié dans :
PLOMBAGES au mercure
recommander
Aucun commentaire pour cet article