Dernière modification le 06-09-2008
Composé majoritairement de mercure, l'amalgame dentaire ou plombage, continue de faire débat.
Tandis qu'un comité scientifique européen
le déclarait en début d'année parfaitement sécure et inoffensif, dans un article publié sur son site le 3 juin 2008*, la FDA (Food and
Drug Administration) s'interroge à son tour sur la sécurité sanitaire de ce matériau. Mais de l'autre côté de l'Atlantique, le son de cloche n'est désormais plus tout à fait le même.
Changement de ton
Les habituels propos rassurants sur l'absence de toxicité de l'amalgame dentaire cèdent aujourd'hui la place à la déclaration suivante:
"L'amalgame dentaire contient du mercure qui a des effets neurotoxiques sur le système nerveux des enfants en croissance et les foetus". Il est en outre mentionné que l'amalgame
libère des vapeurs de mercure quand il est placé dans les dents ou déposé de celles-ci. "Les vapeurs de mercure sont également libérées durant la mastication" précise l'article. Pour
mémoire, le rapport du comité scientifique européen ne mentionne pas la mastication comme source de libération mercurielle.
Place aux matériaux alternatifs
Autre différence notoire, alors que le comité européen se livre à une critique en règle des matériaux alternatifs à l'amalgame dentaire, la FDA s'interroge
concrètement sur la possibilité de recourir aux matériaux de remplacement afin de réduire l'exposition au mercure des patients et des professionnels de santé. La FDA prévoit de mettre en œuvre
d'un programme destiné à évaluer les différences de coût et de remboursement entre l'amalgame et les matériaux alternatifs (composites, autres métaux, céramiques, etc.). La FDA va donc beaucoup
plus loin que le comité scientifique européen qui continue d'ériger l'amalgame en matériau de choix. La FDA envisage concrètement de recourir dans un avenir proche aux matériaux alternatifs
de biocompatibilité supérieure
afin, au minimum, de protéger les personnes les plus exposées à une intoxication mercurielle.
Restrictions d'utilisation
En effet, autre changement majeur, la FDA reconnaît l'existence de "sous-populations sensibles composées d'individus qui répondent biologiquement à des niveaux
plus bas d'exposition au mercure que la population générale". Ces populations plus fragiles, car potentiellement plus sensibles à l'intoxication par le mercure, sont : les enfants de moins
de six ans, les femmes enceintes et allaitantes, les personnes hypersensibles ou dont l'immunité est atteinte. La FDA envisage d'éditer en juillet 2009 des recommandations spéciales visant à
restreindre l'utilisation de l'amalgame dentaire chez ces personnes particulièrement exposées au risque d'intoxication chronique par le mercure.
Revirement spectaculaire
La reconnaissance du mercure dentaire comme une substance potentiellement dangereuse est un revirement sans précédent dans un pays où l'American Dental
Association, instance dentaire officielle, défend l'amalgame depuis 1859. Ainsi, outre atlantique, le sempiternel discours sur la sécurité de l'amalgame dentaire est
en train de laisser place à une reconnaissance des risques liés à l'emploi de ce poison. Le fait que la FDA oriente son action vers le financement et le remboursement de matériaux alternatifs à
l'amalgame est une reconnaissance explicite de la toxicité de celui-ci. Est-ce un premier pas vers l'interdiction de l'amalgame dentaire aux États-Unis ?
* Article publié sur le site de la FDA :
http://www.fda.gov/cdrh/consumer/amalgams.html
À voir absolument : la vidéo qui montre les
effets destructeurs du mercure sur les cellules nerveuses
Rappel de quelques faits à mettre en perspective avec la déclaration de la
FDA
D'après un rapport paru en décembre 2007 (Dental Products Report), 57% des dentistes américains poseraient des amalgames dentaires mais la plupart
reconnaitraient en utiliser moins aujourd'hui qu'il y a trois ans.
Depuis 2002, la FDA a classé l'amalgame dentaire dans les dispositifs médicaux de classe II exigeant des contrôles spéciaux. Elle doit émettre de nouvelles règles en juillet 2009 avec de
possibles restrictions d'utilisation.
En Europe, le Danemark et la Suède ont interdit l'amalgame dentaire, officiellement pour des raisons écologiques. Voisine du nord de l'Europe mais n'appartenant pas à l'Union européenne, la Norvège l'a banni également début 2008. Le comité scientifique mandaté par Bruxelles pour évaluer les risques sanitaires émergents ne
s'est pas prononcé sur la nécessité de restreindre son emploi chez les femmes enceintes.
125 tonnes de mercure sont posées chaque année dans la bouche des européens.
Substance la plus toxique et la plus polluante après les produits radioactifs, il y a de fortes présomptions que le mercure soit impliqué dans de nombreuses maladies: autisme, stérilité,
dépression, fibromyalgie, ainsi que dans des maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkingson ou la maladie d'Alzheimer.
Aucune instance officielle ne reconnaît pour le moment l'amalgame dentaire comme facteur déclenchant ou aggravant de ces maladies. Il reste donc beaucoup de chemin à faire.
Attention, la dépose des amalgames est un acte à risques qui exige des précautions spécifiques et ne doit pas se faire chez la femme enceinte ou qui allaite. Pour plus de détails, voir la rubrique Plombage-dépose
du Pratikadent (extrait en ligne sur le site des éditions Luigi
Castelli).
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par Estelle Vereeck
publié dans :
PLOMBAGES au mercure
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