Dimanche 12 octobre 2008
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Dernière modification le 27-11-2008
Les contaminations par les
polluants chimiques sont aujourd'hui de plus en plus précoces. Une étude publiée en 2007 dans la revue scientifique Science mentionne des cas de "transmission transgénérationnelle" de
résidus chimiques entre la mère et son enfant. Parmi ces polluants (phtalates, nitrosamines, parabènes, etc.), figurent en bonne place le mercure et les métaux toxiques issus des amalgames
dentaires de la mère. Ce risque de contamination est cependant aujourd'hui toujours nié par les autorités françaises en la personne de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé.
Point de vue de Madame la Ministre de la Santé
Au sénateur qui lui demandait "s'il ne serait pas au moins possible d'interdire la pose d'amalgames au mercure chez la femme enceinte et l'enfant", madame la
ministre de la santé a fait la réponse suivante.
Question publiée dans le JO Sénat du 07/08/2008 - page 1589. À consulter sur le site du sénat à l'adresse :
http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ080504277
Après un long préambule, copier-coller au mot près d'une réponse déjà donnée,
rappelant les qualités de l'amalgame dentaire "utilisé pour le traitement des caries depuis plus de 150 ans" et dont les effets néfastes sur la santé n'ont pas pu être démontrés, madame Bachelot
admet que "La pose (et la dépose) d'amalgames sont déconseillées chez la femme enceinte ou allaitante". Cependant elle ajoute aussitôt: "mais cette recommandation n'est formulée que par
précaution, aucun élément scientifique n'étant de nature à mettre en évidence un risque - et encore moins à justifier une interdiction".
Amalgame sans danger en France
La réponse de normand de Madame la Ministre de la Santé laisse songeur. Soit il y a un risque qui justifie de recommander
l'abstention chez la femme enceinte, soit il n'y en a pas et dans ce cas il faut clairement autoriser la pose de plombages au mercure durant la grossesse. La réponse de la Ministre de la santé,
qui selon ses propres dires formule une précaution qu'aucun élément scientifique ne viendrait justifier, n'a tout simplement pas de sens et cache mal une réalité qu'il sera dans l'avenir de plus
en difficile à nier: la toxicité de l'amalgame dentaire. Il est aujourd'hui démontré que le mercure, composant principal de l'amalgame dentaire ou plombage, s'en échappe par vaporisation et par
électro-galvanisme pour traverser le
placenta et passer dans le lait maternel*.
Toxicité multiple
Le mercure est neurotoxique (toxique pour la cellule nerveuse), reprotoxique (toxique pour l'appareil reproducteur) et mutagène (susceptible
d'induire des mutations génétiques à l'origine de cancers). Pourtant, il y a bien peu de chances pour que l'amalgame dentaire figure sur la liste des produits reprotoxiques qui devront
prochainement afficher un logo indiquant qu'ils ne sont pas recommandés aux femmes enceintes et aux jeunes enfants, ainsi que l'envisage la ministre de la Santé Roselyne Bachelot (annoncé le 25
novembre 2008).
Neurotoxicité du mercure reconnue aux États-Unis
De son côté, la FDA
(Food and Drug Administration) vient d'opérer un revirement spectaculaire en reconnaissant la neurotoxicité du mercure des amalgames dentaires sur le système nerveux des enfants en
croissance et des fœtus. Il est évident que la puissante administration américaine ne se risquerait à publier ce genre d'information sur son site officiel et n'envisagerait pas de changer ses
règles sur l'emploi de l'amalgame (en prévoyant de l'interdire chez les femmes enceintes), si le mercure dentaire n'était pas un toxique qui pose des problèmes de santé publique, bien réels, même
s'ils sont jusqu'ici occultés par une majorité de pays.
Déni européen
Dans le droit fil de l'Union européenne, les autorités sanitaires françaises, continuent de nier l'évidence démontrée par de nombreuses études*. On retiendra ceux de
l'Université de Calgary qui montrent l'action dégénérative du mercure sur les cellules nerveuses, explicitée dans une vidéo particulièrement éloquente. Malheureusement, les nombreuses études à charge pour
l'amalgame dentaire ont été délibérément écartées des débats, permettant au comité scientifique européen chargé d'évaluer les risques de santé émergents de défausser
l'amalgame dentaire de tout risque pour la santé humaine et pour l'environnement. C'est ce qu'affirme, preuves à l'appui,
l'Akut, une ONG luxembourgeoise qui se bat pour protester contre le
rapport du Scehnir et obtenir l'interdiction de l'amalgame dentaire au niveau mondial.
En pratique
Il faut évidemment s'abstenir de déposer ou de poser une obturation en amalgame chez la femme enceinte ou qui allaite car ces opérations libèrent des quantités
importantes de mercure qui passe directement dans le sang et de là contamine le fœtus et le lait maternel. En cas d'urgence exigeant de fraiser un amalgame, des précautions s'imposent. On placera un pansement provisoire ou semi-provisoire pour patienter
avant de réintervenir une fois la grossesse et la période de l'allaitement terminées. En outre, il est important de réfléchir au choix des matériaux employés pour l'obturation définitive. Ces questions sont abordées dans le Pratikadent à la rubrique
Plombage-dépose, dont un extrait peut être consulté sur le site des éditions Luigi
Castelli.
* Références bibliographiques (sur le site des éditions Luigi Castelli)
Sommaire des autres articles sur les plombages et
les matériaux
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Par Estelle Vereeck
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Publié dans : PLOMBAGES au mercure
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