Vendredi 21 décembre 2007
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Dernière modification le 22-08-2010
Par Estelle Vereeck, docteur en chirurgie dentaire, auteur d'ouvrages sur les dents
Succion du pouce : le point de vue holistique
Mon enfant suce son pouce, que peut-on faire ?
La succion prolongée du pouce inquiète les parents dont beaucoup se demandent comment parvenir à convaincre l'enfant d'arrêter.
Sucer son pouce est un réflexe
physiologique déjà présent in utero. La succion prolongée déforme les arcades. Cependant, le pouce n'est que la partie émergée de l'iceberg car sucer le pouce implique toujours une
dysfonction de la langue. En effet, ce n'est pas tant le pouce qui déplace les dents que la langue qui adopte une position incorrecte au repos et à chaque déglutition réflexe de la
salive. L'enfant qui suce son pouce a conservé une déglutition infantile ou primaire parce que propre au nouveau-né.
En orthodontie holistique, la question doit être abordée sur différents plans.
Plan ostéopathique
Sucer son pouce est une tentative spontanée de l'enfant de s'auto-équilibrer. La succion du pouce peut être réactionnelle à une lésion
cervicale, dorsale ou lombaire, ou encore à un choc physique ou émotionnel, causes d'un blocage crânien. En appliquant le doigt contre le palais, l'enfant effectue un massage de la suture
palatine dont il tente ainsi de soulager les tensions.
Plan psychomoteur
La succion correspond au stade oral dont la durée équivaut grosso modo aux six premiers mois de la vie. La succion doit ensuite prendre
fin progressivement avec un arrêt définitif aux environs de l'âge de dix-huit mois pour laisser place au stade anal de maîtrise des sphincters. Le prolongement de l'activité de succion au-delà de
dix-huit mois est l'indice d'un blocage au stade oral. L'absence de maturation de la déglutition qui reste primaire en est le corollaire.
Plan psychologique
Sucer son pouce de manière prolongée (l'âge de trois ans doit être considéré comme une limite extrême) correspond au besoin de se protéger et de
se rassurer face au monde extérieur perçu comme angoissant ou menaçant. Elle se rencontre chez les enfants de tendance introvertie, timides ou rêveurs qui n'arrivent pas à se situer dans le monde
des adultes. Le pouce, réminiscence du stade oral, représente un refuge, une ressource. La problématique est l'impossibilité de sortir de la fusion avec la maman. Celle-ci a pour cause l'absence
d'une figure paternelle suffisamment forte, solide ou rassurante pour permettre à l'enfant de lâcher maman et gagner en autonomie.
Cas de la succion d'un autre doigt
Plus rarement, un autre doigt que le pouce est sucé. La problématique sera alors légèrement différente car chaque doigt appartient à une chaîne musculaire et renvoie à une symbolique
particulière. Par exemple, la succion de l'index évoque nettement une problématique relationnelle avec le monde extérieur. Il sera intéressant de noter depuis quand l'enfant suce son doigt
et rapprocher les deux informations pour comprendre de quel problème relationnel il s'agit. Quant à la succion du majeur, elle évoque un problème de perte de l'envie de vivre liée au fait que
l'enfant ne sent pas à sa place.
Comment agir ?
Le paradoxe veut que ce soient en majorité les mamans qui s'inquiètent de la succion prolongée du pouce alors que ce sont les pères qui peuvent
aider l'enfant à arrêter. La présence du père est nécessaire pour permettre à l'enfant d'entrer dans le monde, d'y prendre sa place, de se socialiser.
Note : la fonction paternelle a beaucoup évolué au cours de l'histoire, le père s'effaçant progressivement devant le
papa. Aujourd'hui, beaucoup d'hommes n'investissent leur rôle paternel qu'en tant que papa. S'il positif pour l'enfant d'avoir un papa qui prend soin de lui au quotidien, c'est le père qui lui
donne les repères identitaires indispensables pour se construire. On peut donc être présent pour son enfant en tant que papa, mais être absent en tant que père. Les rôles parentaux (père, papa,
mère, maman) sont détaillés dans Les dents, temple de l'âme.
Agir par la force en empêchant l'enfant de sucer son pouce revient à le priver d'une ressource importante et il serait obligé d'en trouver une autre (par exemple, les sucreries). La succion du
pouce s'accompagnant toujours d'une déglutition immature, l'éducation de la déglutition par un othophoniste ou un logopède* permet généralement de mettre fin à la succion. À
condition que le père joue son rôle et que la maman accepte de voir son enfant s'affirmer. On oubliera pas non plus de consulter un ostéopathe afin de lever le blocage crânien.
* Pour trouver un logopède ou
orthophoniste, pensez à consulter la page Thérapeutes,
ainsi que la rubrique Orthophonie de la page Liens.
Informations complémentaires
Traiter le nouveau-né par ostéopathie pour effacer les blocages crâniens, séquelles de la naissance, est un
moyen de prévenir l'habitude néfaste de sucer son pouce, comme expliqué dans Ostéopathie préventive chez le
nourrisson.
Non traitée, la dysfonction de la langue qui accompagne la succion a de nombreuses répercussions sur la santé: La langue, clé de voûte de
la santé.
Sommaire des articles d'orthodontie fonctionnelle
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Par Estelle Vereeck
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Publié dans : ORTHODONTIE holistique
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Qu'en est il d'autres habitudes comme le bruxisme ou la succion de langue?
Comment lutter contre ces habitudes qui interviennent souvent lors du sommeil à l'insu du dormeur?
- éduquer la langue chez un orthophoniste mais avec peu de chances d'automatiser la posture linguale chez l'adulte;
- faire des séances d'ostéopathie en parallèle pour débloquer les structures,
- déveloper une approche cognitivo-comportementale : apprendre à connaître ce qui déclenche chez vous le besoin de vous replier sur cette ressource d'enfant qu'est la succion. À cette fin l'analyse de votre denture par un diagnostic psycho-dentaire pourrait vous éclairer sur votre vécu réel et identifier le manque parental à l'origine de ce comportement.
Vous trouverez d'autres pistes et explications sur la langue dans Orthodontie, halte au massacre
J'ai 35 ans et je suce tous les soirs mon pouce pour m'endormir et quand je suis fatiguée.Mon palais n'est à priori pas trop déformé et mes dents non plus.Pourquoi?
mon fils de 9 ans suce son pouce, l'orthodontiste lui a demandé d'arreter de lui meme afin d'eviter l'horrible appareil (que nous avons surnommé "cage à pouce") qui obligera mon fils à se sevrer.
j'aimerais qu'il trouve les ressources necessaires pour y parvenir et eviter la contrainte...
quelqu'un peut m'aider ... à l'aider???
cybersalutations
Ma petite fille de 5 ans suce encore son puce, on a tout essayer!!! mais impossible de le lacher! elle le suce partout à longueur de journée.Le père me semble bien présent à ses cotés, je n'arrive pas sortir ma fille de cette habitude.
Le dentiste m'a parlé d'un appareil.En quoi consiste t il?
Qu'en pensez vous??? aidez moi, je ne sais vraiment plus quoi faire, ses deux machoires commencent à etres décallées.
merci de votre soutient
Si votre fille a des caries, un diagnostic psychodentaire donnera des informations précieuses.
Merci de me prodiguer vos conseils.
Pour vous aider davantage, j'aurais besoin d'en savoir plus sur l'histoire de cet enfant. Si vous souhaitez m'écrire, suivez les indications données sur cette page.
Je serais très intéressée de savoir quelle est la part de culturel dans votre analyse, et je me demande si vous avez poussé vos recherches en observant ce qui se passe dans d'autres cultures. Les petits chinois ou africains sucent-ils leur pouce ?
Et également, comment considérez-vous l'allaitement maternel prolongé, jusqu'à 2, 3 ans ou plus ? Là également, la dimension culturelle est forte, l'occident "n'approuve" pas vraiment ce genre de mode de vie, alors qu'il est considéré comme la norme pour bon nombre de sociétés traditionnelles.
Bref, tout cela tourne autour de cette fameuse "fusion avec la mère", tant décriée dans notre culture, mais tout autant valorisée dans d'autres sociétés. L'enfant suce son pouce pour se rassurer, c'est évident. Mais ne le fait-il pas parce qu'on lui demande de grandir plus vite qu'il n'en est capable, de se séparer avant qu'il n'y soit prêt ? En d'autres termes, la solution préconisée (considérer l'enfant comme "un grand") ne jouerait-elle pas un rôle dans la source du problème ?
Si on en juge par leurs arcades bien développées, les enfants des sociétés traditionnelles ne sucent pas leur pouce. La succion du pouce semble être un défaut commnun aux sociétés modernes, qu'il s'agisse de petits Européens, Chinois ou Africian n'y change rien.
Que la succion prolongée du pouce ait pour origine un manque de fusion avec la mère, c'est probable, voir certain. L'enfant qui a vécu un stade fusionnel satisfaisant peut ensuite passer à autre chose et n'a pas besoin de prolonger ce stade plus que nécessaire en continuant de sucer son pouce.
Personnellement, je ne décrie pas la fusion avec la mère. Elle est une phase nécessaire et même essentielle au développement de l'enfant. La seule question est : quel est le temps imparti à cette fusion ?
N'étant pas psychanalyste freudienne, mon seul élément de référence pour répondre à cette question, de par ma formation, est la chronologie d'éruption des dents. La fusion avec la mère correspond au stade de l'édentation, soit peu ou prou les 6 premiers mois de l'enfant. Au-delà de l'âge de 6 mois, le sevrage peut commencer et la succion, quelle qu'en soit sa forme (sein, pouce, tétine), devrait, d'après les stades dentaires et psychomoteurs tels que je les comprends, avoir pris fin vers l'âge de 18 mois.
Ceci est un avis motivé par mes recherches personnelles et mes connaissances spécifiques relatives à la sphère dentaire. Il ne se prétend pas un avis définitf et encore moins un jugement sur les mères qui choisissent un allaitement prolongé. Je ne souhaite nullement engager de polémique sur ce sujet qui, j'ai pu le constater, est assez sensible. J'espère que mon point de vue est assez clair et répond à votre question.
- psychothérapie pour comprendre les causes profondes de votre "tic" : insécurité, manque affectif, etc.
- séances d'orthophonie pour rééduquer la langue et l'aider à se placer correctement dans la bouche, ce qui n'est pas le cas tant que vous sucez votre pouce. Pour trouver une orthophoniste voyez les sites listés sur la page liens à la rubrique Orthophonie.
Voilà deux pistes à mener conjointement. Employer la force, se faire violence ne sert à rien et je vous le déconseille. Sucer votre pouce est une solution de survie pour vous. Il faut comprendre pourquoi.
Une analyse psychodentaire peut vous aider dans ce processus de prise de conscience.
Ma fille Coralie de 3-1/2 ans suce son pouce depuis qu'elle est bébé. Vers 3 ans, avec beaucoup d'encouragement de notre part (papa et maman), elle a décidé par elle même d'arrêter de sucer son pouce le jour et la nuit pour l'aide, elle mettait un petit gant de coton pour éviter l'automatisme. Après près de 5 mois d'arrêt, elle a recommencé à sucer son pouce jour et nuit et nous ne trouvons pas la raison spécifique à cette ''rechute''. Elle a eu une petite soeur à 2-1/2ans et nous nous demandons si ce n'est pas pour attirer l'attention ou faire elle aussi comme bébé qu'elle a recommencée?
Je suis ouvert à toute possibilité mais honnêtement, je trouve que vous concluez trop rapidement que la cause de la succion du pouce repose sur un manque de présence du père dans vos explications. J'ai pris beaucoup de temps en congé parental avec ma fille, nous participons également ma conjointe et moi aux activités et soins quotidien de notre fille de même que pour la plus jeune. Coralie est beaucoup petite fille à papa et nous l'encourageons à chaque jour dans ce qu'elle fait afin de lui donner un bon estime de sois et de sentir qu'elle est aimé.
Nous allons certainement consulter prochainement pour trouver une solution mais si vous avez un avis, je reste ouvert!!! Due moins, je voulais que vous sachiez qu'il est risquer selon moi de suater trop vite aux conclusions et de généraliser les situations.
Signé Alain, un pére présent et attentif
Vous comprendrez que cet article ne peut prendre en compte chaque situation personnelle. Il a pour but d'esquisser des pistes de réflexion sans prétendre se substituer à une consultation. Je ne doute pas que vous soyez un "père présent et attentif" et il serait dommage de prendre les pistes évoquées dans cet article comme une accusation personnelle.
Ceci dit, il ne faut pas confondre le rôle du papa avec celui du père. On peut être papa sans pour autant être père. NB : ces rôles sont détaillés dans mes livres, en particulier Les dents, temple de l'âme.
Quant à votre hypothèse, il est effectivement probable que votre fille "régresse" depuis la naissance de sa sœur car dans l'incapacité de se situer et de capter votre attention autrement qu'en se positionnant comme bébé. D'où un problème de concurrence avec le bébé qui vient de naître. Il serait donc possible que votre fille souffre (de son point de vue subjectif) d'un manque du père en dépit de la présence aimante du papa. Cela ne remet pas en cause votre implication dans l'éducation de votre fille mais montre que, possiblement, ses besoins de reconnaissance ne sont pas satisfaits.