Alors qu’on parle de plus en plus d’écologie, l'utilisation de l'amalgame au mercure (ou plombage) en dentisterie continue de poser un problème environnemental majeur. Si les cabinets
dentaires ont depuis 2001 obligation de récupérer les déchets d'amalgames pour qu'ils ne s'échappent pas dans les canalisations, les quelques tonnes de mercure posées chaque années dans la
bouche des français, finit par contaminer les sols et les nappes phréatiques après le décès et au moment de la crémation qui relargue des vapeurs de mercure en quantités dans l'atmosphère.
Vent d'opposition
La Commission européenne, sous la pression des pays nordiques où l'emploi du plombage est limité, étudiait la possibilité d'éliminer le mercure de toute préparation destinée aux
soins et mandatait un comité scientifique qui devait statuer sur l'avenir de l'amalgame en fin d'année 2007. Note : lerapport de
ce comité a été rendu public mi-janvier 2008.
C'est dans ce contexte que l'AKUT, une association Luxembourgeoise lançait le 10 novembre 2007 un appel à signatures, l'Appel du Luxembourg*, pour interdire l’emploi du
plombage ou amalgame à l’échelon international. L’IAOMT (International Academy of Oral Medicine and Toxicology), des spécialistes des dangers du mercure pour la santé et le Ministre
luxembourgeois de la santé ont apporté leur appui à cette initiative dont l'échéance était fixée au premier janvier 2007.
Position des pays nordiques
Les pays nordiques(Allemagne,
Autriche, Danemark, Suède)ont restreint l'emploi de l'amalgame au mercure. La Suède ne les rembourse plus depuis 1999. Le rapport officiel suédois sur les amalgames dénonce sans ambiguïté leur toxicité: «
Sachant que le mercure est un toxique polyvalent agissant à différents niveaux du métabolisme cellulaire, l’amalgame doit être considéré comme un matériau non adapté aux soins dentaires. Cela
est d’autant plus vrai que des alternatives tout à fait indiquées et moins toxiques existent. […] Pour des raisons médicales, l’amalgame devrait être supprimé des soins dentaires dès que
possible. » (Rapport de Maths Berlin, 2003). Quant à la Norvège, elle vient de franchir le pas en bannissant
tout emploi du mercure à partir du premier janvier 2008.
Position des autorités françaises
“Le mercure n’est-il pas une substance toxique ?” s’interroge l’ADF (Association Dentaire Française)
avant de conclure: “les effets toxiques du mercure n’apparaissent que pour des doses beaucoup plus élevées que celles qui sont susceptibles d’être libérées par les obturations à l’amalgame
d’argent”. Quand au Sénat, sa position est similaire: “la grande majorité des études internationales consacrées à l’amalgame dentaire dénient que les doses du relargage de mercure aient des
effets néfastes pour la santé des patients”. De son côté l’Afssaps dans son rapport du 21 novembre 2005 conclut à l’innocuité des plombages faute de preuves suffisantes.
Un combat à l'issue incertaine
Entre les défenseurs d'un matériau bon marché et facile d'emploi et les détracteurs d'un poison pour la santé humaine et l'environnement, l'issue du combat pour interdire le
mercure semble incertaine. Comme souvent, hélas, bénéfices économiques et réalités écologiques s'affrontent. Les récentes prises de consciences en matière d'environnement et le passage à l'acte
de la Norvège, incitent à un relatif optimisme: le vingt-et-unième siècle verra peut-être la disparition de l'amalgame au mercure.
Attention : le retrait des amalgames peut être à l’origine d’une exposition à de grandes quantités de vapeurs de mercure susceptibles
d’entraîner des troubles de santé, s’il n’est pas effectué avec précautions comme expliqué dans Dépose des plombages, l'art et la
manière.
En savoir plus… Les méfaits du plombage sur la santé
et la libération de mercure sont détaillés dans Le Pratikadent, rubrique Plombage-dangers.
Un extrait de la rubrique Plombage-dangers est consultable sur le site des Éditions Luigi Castelli.
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